Chronologie Poétique

Chronologie Poétique

Un aperçu de la vie et de l’œuvre de Tamiki Hara,
raconté à travers quelques dates et quelques éclats de phrases.

I. Enfance et adolescence (1905–1919)

1905 (Naissance)

Né le 15 novembre 1905 à Nobori-chō, ville de Hiroshima.
Huitième d’une fratrie de douze enfants.

Extrait de « Contes »

Il y avait beaucoup de monde dans la maison, dans un grand tumulte. Je ne comprenais pas bien ce qui s’y passait. J’eus d’abord l’impression que quelqu’un était mort. On disait que quelqu’un était né. Mais je ne savais pas qui. Finalement, il sembla que celui qui était né, c’était moi.(『童話』)

1917 (12 ans)

Son père meurt de maladie. Confronté très tôt à la question de la mort, il devient un enfant taciturne et introverti.
Avec son frère aîné de trois ans, Morio, il crée une revue artisanale au sein de la famille ; c’est ce frère qui l’initie à la littérature.

Extrait de « La Fissure dans les nuages »

Un an environ plus tard, sans m’en rendre compte, j’avais complètement perdu cette impulsion enfantine qui pousse à courir et à sauter.L’atmosphère présente au chevet de mon père mourant se mit alors à refluer en moi, me parcourant de frissons.C’est aussi à cette époque que le grand érable, dans un coin du jardin de notre maison, me revint avec une nostalgie irrépressible.… Cet érable semblait avoir accueilli toutes mes rêveries.… Je le percevais comme un lieu où l’âme trouve le repos.Et dès lors, il m’était devenu impossible de me mêler aux garçons de mon âge, amateurs de tapage et d’agitation.(『雲の裂け目』)

1918 (13 ans)

Sa sœur Tsuru, de huit ans son aînée, meurt de maladie.
Lors d’une visite au chevet, elle lui fait découvrir le monde de la Bible.
Tamiki gardera précieusement ce livre en souvenir d’elle. Même dans le dénuement de l’après-guerre, il ne s’en séparera jamais, le lisant avec amour jusqu’à la fin de ses jours.

Extrait de « L’Instant du démon »

Quand son récit fut terminé, je me sentis lavé jusqu’au plus profond de moi-même.
Soudain, à mes yeux, le monde sembla changer.[…] J’eus l’impression de renaître. […} Je frissonnai en sentant tomber en moi la lumière d’un monde invisible.(『魔のひととき』)

1919 (14 ans)

Dès cette époque, il envisageait déjà un avenir où il ne vivrait que par sa plume. Il publiait des romans dans la revue de sa classe ; sa sensibilité envers les mots se distinguait de toutes les autres. Pourtant, en classe, il gardait le silence. On dit qu’il était rare d’entendre le son de sa voix.

▶︎ Lire « Avril »

II. Jeunesse et formation (1924–1933)

1924 (19 ans)

Il entre au cours préparatoire de la faculté des lettres de l’Université Keio et choisit le français comme deuxième langue étrangère. Il néglige souvent les cours pour s’absorber dans la lecture et l’écriture, s’imprégnant de la littérature européenne. Grâce aux échanges avec des amis intimes, il commence peu à peu à s’harmoniser avec le monde.

Extrait de « Lèvres de feu »

Autrefois, je tremblais devant l’humanité entière, telle une vierge. [] Supposons qu’il y ait ne serait-ce qu’un seul être humain devant mes yeux : aussitôt, un courant de plusieurs dizaines de milliers de volts me traversait, et des étincelles nerveuses jaillissaient sur mon visage. J’avais une peur effroyable des hommes. [] Et pourtant  []  avec quelle ardeur je désirais aimer et comprendre les humains.(『火の唇』)

À suivre… 

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